Les marais de Carentan
Le Parc Naturel Régional des Marais du Cotentin et du Bessin permet de nombreuses promenades à thèmes différents. On peut le découvrir toute l’année et même en hiver. C’est justement en cette période qu’il offre le paysage le plus typique, lorsqu’il est « blanc », noyé par les eaux. Nous vous présentons ici plusieurs promenades routières, des promenades à cheval, des promenades fluviales, à partir de Carentan qui constitue une excellente base.
Goguets, embarcations en bois typique des marais du Cotentin et du Bessin, toujours utilisées à Carquebut. (© Damien Bouet)
Le Marais
Cet espace naturel est le fruit d’une longue évolution. Il y a 10 000 ans, lors de la fonte d’une partie des calottes glacières, le niveau de la mer est remonté et, envahissant des vallées, a constitué des rias aux nombreuses ramifications à la base de ce qui sera la Presqu’île du Cotentin. Mais, à l’entrée de l’estuaire, le sable va s’accumuler en cordons bloquant les eaux douces dans ces vallées ; la végétation aquatique s’y accumulera et formera de la tourbe en se décomposant, pendant 5 000 ans. La mer revient alors, la tourbe est fossilisée par les sédiments marins, elle fait dix mètres d’épaisseur au cœur des marais de Gorges. La marée se mêle aux eaux douces dans les marais une grande partie de l’année. La tourbe continue de se former dans certains secteurs comme aujourd’hui encore dans le marais de la Sangsurière.
À l’époque romaine a lieu une remontée du niveau de la mer qui avance d’une dizaine de kilomètres dans la vallée de la Vire par exemple. Au XIe siècle encore, tous les « Bas pays » de la région de Carentan sont envahis par la mer ; les dicks, des levées de terre sont construits le long des cours d’eau pour endiguer la montée de la mer. Les premiers projets importants pour assécher les marais ont lieu au XVIIe siècle ; il aboutissement au XVIIIe siècle (le pont de la Barquette avec ses portes à flot est construit en 1737) et surtout au début du XIXe siècle. Après plusieurs siècles d’efforts, le marais est devenu un immense herbage de prairies humides, inondé par les pluies l’hiver. Il abrite une faune et une flore unique.
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