Patrimoine Normand

Les phares de Normandie

Longtemps dépourvues de véritables repères lumineux, les côtes normandes ne furent équipées de phares qu’à partir du XVIIIe siècle. De la construction des premières tours aux innovations d’Augustin Fresnel, ces ouvrages ont profondément transformé la sécurité de la navigation tout en façonnant l’histoire maritime de la Normandie.

Le phare de Goury.

Le phare de Goury. (Photo Patrick Courault © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 29 mai 2026 à 10:29 Par
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Jusqu’à la fin du XVIIe siècle nous possédons très peu d’écrits sur les feux qui indiquaient les écueils des côtes normandes. Près du Havre, on parle de la tour des Castillans construite en 1364, nom donné à l’époque où les flottes espagnoles remontaient vers Honfleur. Il y eut probablement quelques phares primitifs, des fanaux, placés à Dieppe, le Chef de Caux ainsi que du côté de Barfleur dans l’actuel département de la Manche.
Au début du XVIIIe siècle, l’approche des côtes normandes était annoncée par les feux des Casquets, puis, au-delà, rien d’autre ne signalait les rochers du Cotentin, ni les falaises de la Côte de Nacre ni celles de la Côte d’Albâtre.

L’amirauté, inquiète de la recrudescence des naufrages, demanda en 1739 à la chambre de commerce de Normandie, située à Rouen, de faire une étude dans le but d’établir des phares sur ces rivages. Ce travail, théâtre d’une polémique quant à l’emplacement, le coût, l’entretien et l’utilité au regard du trafic maritime, dura 25 ans. Car ne l’oublions pas, au XVIIIe siècle le financement d’un tel projet provenait des taxes prélevées, en fonction de leur tonnage, sur les navires relachant dans les ports normands.

Le phare de Goury.

Le phare de Goury. (Photo Patrick Courault © Patrimoine Normand)

C’est finalement le 11 février 1774 que furent attribuées à des entrepreneurs locaux, les adjudications pour la cons­truction de quatre phares à feux fixes : Monsieur Maurice de Cherbourg, pour le phare de Gatteville près de Barfleur ; Monsieur Desgranges de Dieppe pour le phare de l’Ailly et enfin Monsieur Thibaut du Havre pour les phares de la Hève, deux tours espacées de 81 mètres.
La construction des bâtiments étant établie, il restait un choix important à définir, celui de « l’âme du phare », c’est-à-dire le système d’éclairage dont on devait l’équiper.

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