Patrimoine Normand

Le bourgage de Caen, tenure à cens et tenure à rente (XIe-XIVe siècles)

1ère partie

Ce premier article a pour vocation d’éclairer la nature, les modalités et les caractéristiques de la propriété foncière en Normandie et plus particulièrement à travers l’exemple de la ville de Caen durant la période médiévale.

Photo du château de Caen à la fin du XIXe siècle

Le château de Caen à la fin du XIXe siècle, c’est à cet endroit avant sa construction, vers 1024, que les premières règles quant à la propriété foncière ont été introduites pour permettre l’arrivée de nouveaux habitants et la naissance d’un noyau urbain. (Coll. Patrimoine Normand)

Mis à jour le 27 avril 2026 à 17:20 Par
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La ville de Caen réunit plusieurs traits qui font de l’étude de la propriété au Moyen Âge un exemple particulièrement pertinent. D’une part, Caen est d’une dimension durant toute cette période suffisamment importante et ayant une activité économique soutenue pour permettre l’intérêt de cette étude. D’autre part, la configuration de la ville sur le plan juridique est d’une cons­truction tout à fait originale, puisqu’elle est constituée de la réunion de trois grandes seigneuries : celle du duc, géné­ralement roi de France ou d’Angle­­terre sur toute une partie de la période étudiée et celles des deux grandes abbayes bénédictines de Saint-Étienne et de la Trinité.

Ces trois ensembles spatiaux disposaient d’un cadre juridique particulier qui a formaté les règles de la propriété foncière au Moyen Âge. Elles avaient toutes trois la caractéristique d’être des bourgs et le territoire urbain ainsi délimité se trouvait être presque dans son intégralité un bourgage.

Plan ancien de Caen en 1625

Plan ancien de Caen en 1625, où l’on distingue bien les trois bourgs à l’origine de Caen. (© Archives Patrimoine Normand)

Un espace urbain délimité

Le territoire anciennement occupé par la ville de Caen a été jusqu’à la Révolution partagé entre trois grandes seigneuries. La première, le fief du roi ou du duc, débutant au pied de son château, était la portion la plus étendue, la plus peuplée et la plus ancienne formant ainsi la ville proprement dite entourée d’un rempart d’où son appellation « l’enclos de Caen ». La seconde était formée du Bourg l’Abbesse au nord-est dépendant de l’abbaye Bénédictine de femmes consacrée à la Trinité, qui dominait la ville et la vallée de la Basse Orne. La troisième était constituée du Bourg-l’Abbé à l’ouest appartenant aux Bénédictins établis dans l’abbaye de Saint-Étienne sur les rives de l’Odon au bord de la prairie de Caen. Ces deux bourgs abbatiaux avaient été constitués au cours de la seconde moitié du XIe siècle par Guillaume le Conquérant et la reine Mathilde pour servir de dotation aux deux monastères que Guillaume ve­nait de fonder.

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